{"id":3630,"date":"2026-04-09T09:48:16","date_gmt":"2026-04-09T07:48:16","guid":{"rendered":"https:\/\/adven-transition.com\/?p=3630"},"modified":"2026-04-09T12:42:17","modified_gmt":"2026-04-09T10:42:17","slug":"guerre-au-moyen-orient-et-risque-de-recession","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/adven-transition.com\/fr\/guerre-au-moyen-orient-et-risque-de-recession\/","title":{"rendered":"Guerre au Moyen-Orient et risque de r\u00e9cession"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\"><div      class=\"vc_row wpb_row section vc_row-fluid  grid_section\" style=' text-align:left;'><div class=\" section_inner clearfix\"><div class='section_inner_margin clearfix'><div class=\"wpb_column vc_column_container vc_col-sm-12\"><div class=\"vc_column-inner\"><div class=\"wpb_wrapper\">\n\t<div class=\"wpb_text_column wpb_content_element \">\n\t\t<div class=\"wpb_wrapper\">\n\t\t\t<p>Comme chacun sait, le Moyen-Orient occupe une place strat\u00e9gique dans l\u2019\u00e9conomie mondiale. En effet, il concentre \u00e0 lui seul une grande partie des ressources \u00e9nerg\u00e9tiques et des routes commerciales essentielles.<\/p>\n<p>Pour rappel, le Moyen-Orient repr\u00e9sente environ <strong>30 % de la production mondiale de p\u00e9trole avec des\u00a0points strat\u00e9giques comme le d\u00e9troit d\u2019Ormuz (par lequel transitent\u00a020\u00a0% du p\u00e9trole et du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 mondial<\/strong>, ainsi que <strong>d\u2019autres mati\u00e8res premi\u00e8res<\/strong>) ou\u00a0<strong>encore\u00a0le Canal de Suez qui concentre \u00e0 lui seul 12 % des flux du commerce mondial. <\/strong>Enfin, la<strong>\u00a0<\/strong>Mer Rouge est aujourd&#8217;hui l&#8217;axe majeur du Transit entre l&#8217;Asie et l&#8217;Europe du fait de la situation sur le front Ukrainien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2><strong>Une op\u00e9ration militaire aux cons\u00e9quences \u00e9conomiques potentiellement incontr\u00f4lables<\/strong><\/h2>\n<p>En lan\u00e7ant l\u2019<strong>op\u00e9ration &#8220;Epic Fury&#8221;<\/strong> contre l\u2019Iran le 28 f\u00e9vrier, les \u00c9tats-Unis et Isra\u00ebl ont d\u00e9clench\u00e9 en retour une riposte de T\u00e9h\u00e9ran, notamment mat\u00e9rialis\u00e9e par le <strong>blocage du fameux d\u00e9troit d\u2019Ormuz.<\/strong><br \/>\nUne situation qui a conduit en deux semaines \u00e0 une envol\u00e9e des cours des hydrocarbures ainsi que de ceux des engrais, de l\u2019aluminium, du soufre ou encore de l\u2019h\u00e9lium. Et le d\u00e9troit d\u2019Ormuz ne semble pas pr\u00e8s de se d\u00e9bloquer pour le moment, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Donal Trump ne parvenant pas \u00e0 trouver des alli\u00e9s pour s\u00e9curiser ce passage strat\u00e9gique pour l&#8217;\u00e9conomie mondiale.<br \/>\n&#8220;Selon les estimations r\u00e9centes, il manquerait 20 % de p\u00e9trole pour faire fonctionner l&#8217;\u00e9conomie mondiale. Toutefois, avec les r\u00e9serves priv\u00e9es et publiques comme celles de l&#8217;Agence internationale de l&#8217;\u00e9nergie, qui a annonc\u00e9 d\u00e9bloquer 400 millions de barils, ainsi que l&#8217;existence de routes alternatives pour transporter les hydrocarbures, on estime aujourd&#8217;hui le d\u00e9ficit r\u00e9el de p\u00e9trole \u00e0 huit millions de barils par jour, ce qui est d\u00e9j\u00e0 un choc un peu moindre qu\u2019attendu&#8221;, temp\u00e8re Fran\u00e7ois-Xavier Chauchat, membre du comit\u00e9 d&#8217;investissement, \u00e9conomiste et strat\u00e9giste chez Dorval Asset Management.<br \/>\nLe fait que <strong>le prix du baril de p\u00e9trole<\/strong> ait atteint un palier depuis pr\u00e8s d\u2019une semaine (100 dollars) n\u2019est cependant pas une nouvelle rassurante, comme l\u2019explique Philippe Waechter, chef \u00e9conomiste chez Ostrum Asset Management :<\/p>\n<blockquote><p>\n<em>&#8220;Si ce prix actuel s&#8217;installe durablement, ce sera p\u00e9nalisant parce que cela traduira un d\u00e9ficit d&#8217;approvisionnement en p\u00e9trole. Beaucoup de pays d\u2019Asie pourraient \u00eatre touch\u00e9s par cette situation, qui p\u00e9naliserait aussi les consommateurs et les entreprises en Europe et aux \u00c9tats-Unis.&#8221;<\/em>\n<\/p><\/blockquote>\n<h2><\/h2>\n<h2><strong>La situation actuelle n&#8217;est pas compatible pour le moment avec une crise \u00e9conomique mondiale<\/strong><\/h2>\n<p><u><\/u>De l\u00e0 \u00e0 se dire que la situation actuelle ressemble au d\u00e9but d\u2019une crise \u00e9conomique mondiale majeure, c\u2019est un pas que les experts interrog\u00e9s ne franchissent pas. <strong>Pour eux, seul le temps permettra de nommer correctement les choses<\/strong>.<\/p>\n<blockquote><p>\n<em>&#8220;Si le p\u00e9trole reste aux alentours de 100 dollars avec un manque quotidien de huit millions de barils par jour ces trois prochains mois, cela r\u00e9duirait la croissance mondiale de 0,4 points seulement, faisant passer la croissance \u00e9conomique mondiale un peu en-dessous du seuil symbolique des 3 %&#8221;<\/em>, note Fran\u00e7ois-Xavier Chauchat.<\/p>\n<p>Si le PIB mondial venait \u00e0 se retrouver aux alentours des 2,5 % de croissance, <em>&#8220;l&#8217;\u00e9conomie mondiale commencerait alors \u00e0 produire une hausse du ch\u00f4mage, m\u00eame avec une croissance positive, et c&#8217;est cette dynamique-l\u00e0 qui mat\u00e9rialiserait la crise&#8221;<\/em>, pr\u00e9cise l\u2019expert. Mais, selon lui, <em>&#8220;la situation actuelle n\u2019est pas compatible pour le moment avec une crise \u00e9conomique mondiale&#8221;<\/em>.\n<\/p><\/blockquote>\n<p>Par ailleurs,<strong> les tensions \u00e9nerg\u00e9tiques actuelles<\/strong> <strong>n\u2019ont pas grand-chose de comparable avec les chocs p\u00e9troliers pass\u00e9s<\/strong>, \u00e0 commencer par le fait que le monde est moins d\u00e9pendant du p\u00e9trole en 2026 qu\u2019il ne l\u2019\u00e9tait dans les ann\u00e9es 1970.<br \/>\nEt m\u00eame si le blocage \u00e0 l\u2019embouchure du golfe Arabo-Persique cr\u00e9e simultan\u00e9ment une flamb\u00e9e du prix du p\u00e9trole, un effondrement du trafic maritime et une contraction de l\u2019offre \u00e9nerg\u00e9tique mondiale, l\u2019optimisme reste de rigueur sur les march\u00e9s financiers, selon Fran\u00e7ois-Xavier Chauchat : <em>&#8220;On est moins sensibles au prix du p\u00e9trole que dans les ann\u00e9es 1970, et les investisseurs sur les march\u00e9s ne consid\u00e8rent pas le sc\u00e9nario actuel comme une crise&#8221;<\/em>, explique l\u2019\u00e9conomiste. <em>&#8220;Pour eux, le d\u00e9troit d&#8217;Ormuz va rouvrir, pas dans cinq ans ni m\u00eame dans six mois, mais plut\u00f4t dans les semaines ou les mois \u00e0 venir&#8221;<\/em>.<\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2><strong>Une situation pas comparable \u00e0 la crise financi\u00e8re de 2008 ni \u00e0 la crise inflationniste de 2022<\/strong><\/h2>\n<p>Le prix Nobel d&#8217;\u00e9conomie fran\u00e7ais Philippe Aghion ne voit, quant \u00e0 lui, <strong>pas non plus arriver un &#8220;effondrement&#8221;<\/strong> de l&#8217;\u00e9conomie mondiale ou m\u00eame un &#8220;\u00e9quivalent de la crise financi\u00e8re de 2008&#8221;, lors de laquelle le prix du baril de Brent avait d\u00e9pass\u00e9 les 140 dollars, soit son record historique.<br \/>\n<em>&#8220;Un conflit prolong\u00e9, \u00e9largi, r\u00e9duira la croissance mondiale, certes, mais pas d&#8217;effondrement. Je ne vois pas l&#8217;\u00e9quivalent de la crise financi\u00e8re de 2008&#8221;<\/em>, a t&#8217;il affirm\u00e9 r\u00e9cemment.<br \/>\nUn constat que partage Fran\u00e7ois-Xavier Chauchat, selon lequel <em>&#8220;les taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat ne montent pas beaucoup et les Bourses ne baissent pas beaucoup actuellement. Cela veut dire que la liquidit\u00e9 de l&#8217;\u00e9conomie mondiale reste bonne, il n&#8217;y a pas de crise financi\u00e8re comme en 2008.&#8221;<\/em><br \/>\nLa comparaison des tensions \u00e9nerg\u00e9tiques actuelles, qui font cro\u00eetre en parall\u00e8le les cours de plusieurs mati\u00e8res premi\u00e8res, ne semble pas non plus tenir avec l\u2019invasion russe de l\u2019Ukraine en 2022. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, la flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie avait entra\u00een\u00e9 une inflation record dans la zone euro.<br \/>\n<em>&#8220;En outre, il y a quatre ans, c\u2019\u00e9tait aussi la r\u00e9ouverture de l\u2019\u00e9conomie mondiale apr\u00e8s la pand\u00e9mie de Covid&#8221;<\/em>, souligne le strat\u00e9giste de Dorval Asset Management. <em>&#8220;Aujourd\u2019hui, ce sc\u00e9nario-l\u00e0 est beaucoup moins probable parce qu\u2019on n&#8217;est pas dans une phase haute, le march\u00e9 du travail est beaucoup plus mou qu\u2019en 2022. Les salaires sont actuellement en train de d\u00e9c\u00e9l\u00e9rer, on n\u2019est donc pas dans une ambiance o\u00f9 il suffit d&#8217;allumer une petite \u00e9tincelle pour que l&#8217;inflation flambe.&#8221;<\/em><br \/>\nPour Philippe Waechter aussi, <em>&#8220;un choc \u00e9nerg\u00e9tique ne suffit pas \u00e0 cr\u00e9er l\u2019inflation&#8221;.<\/em><\/p>\n<p>Pour rappel, en 2022, outre l\u2019augmentation des prix de l\u2019\u00e9nergie, la hausse des prix alimentaires (l\u2019Ukraine \u00e9tant un producteur de premier plan pour les c\u00e9r\u00e9ales) et le manque de stocks suffisants des entreprises avaient alors aussi contribu\u00e9 \u00e0 alimenter l\u2019inflation.<br \/>\nIncomparable \u00e0 la crise financi\u00e8re de 2008 comme \u00e0 la crise inflationniste de 2022, la situation \u00e9conomique mondiale actuelle n\u2019en est pas moins instable actuellement. Si le blocage du d\u00e9troit d\u2019Ormuz venait \u00e0 se poursuivre au-del\u00e0 des trois prochains mois, et que le prix du baril de Brent venait \u00e0 tutoyer les 150 dollars, la donne changerait radicalement, sans doute pour le pire.<br \/>\nM\u00e9fiance et prudence restent donc de rigueur&#8230;deux mots qui riment malheureusement trop avec Statu Quo depuis pr\u00e8s de 2 ans maintenant.<br \/>\nDeux ann\u00e9es marqu\u00e9es par la prudence en France depuis la dissolution de l&#8217;Assembl\u00e9 Nationale et le changement de politique fiscale potentiellement induit, deux ann\u00e9es marqu\u00e9es aussi par la d\u00e9fiance mondiale face aux allers-retours incessants de la politique douani\u00e8re au pays de l&#8217;Oncle Sam, deux ann\u00e9es marqu\u00e9es enfin et toujours par le risque d&#8217;embrasement et d&#8217;enlisement sur le front Ukrainien.<br \/>\nBref, deux ann\u00e9es plomb\u00e9es par l&#8217;incertitude, partout et sur tout.<br \/>\nMalheureusement, j&#8217;ai bien peur que ces deux ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es ne soient qu&#8217;un pr\u00e9mice \u00e0 la grande incertitude qui se joue sur l&#8217;Hexagone \u00e0 l&#8217;horizon de l&#8217;\u00e9t\u00e9 2027.<br \/>\nEt cette fois, pas de JO de Paris 2027 comme soin palliatif pour se consoler pendant l&#8217;\u00e9t\u00e9&#8230;la bonne nouvelle est qu&#8217;on \u00e9vitera \u00e0 minima le &#8220;JO Blues&#8221; de septembre 2024, la d\u00e9pression post partum se devra d&#8217;\u00eatre trait\u00e9e bien en amont si les tendances du pire se confirment..<\/p>\n<p><strong>Hubert Demaison<br \/>\n<\/strong><em>Fondateur et Directeur G\u00e9n\u00e9ral d&#8217;Adven Transition<\/em><\/p>\n\n\t\t<\/div>\n\t<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Comme chacun sait, le Moyen-Orient occupe une place strat\u00e9gique dans l\u2019\u00e9conomie mondiale. 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